Suite à la demande générale d’au moins deux personnes, j’ai décidé de décrire ici mes impressions de la paroisse de Vienne. En effet, il est bon de pouvoir comparer entre les différentes paroisses de par le monde, afin de pouvoir juger de l’évolution des nôtres.
Ayant reçu l’adresse où je devais me rendre pour pouvoir assister à la messe dominicale, je m’y rendis bien à l’heure. Heureusement, d’ailleurs, car la chapelle est loin d’être visible, étant au fond d’une cour. On y pénètre par un tunnel sous un bâtiment. A l’autre bout de ce tunnel se trouve un hangar, comme il se doit, aménagé en chapelle, avec un toit qui n’est pas tout à fait étanche. Jusque là donc, tout va bien, l’étranger n’est pas dépaysé.
Mais, mes amis, là où la chose se corse, c’est lorsqu’on entre dans la chapelle. Il faut quand même le dire, il se trouve dans cette paroisse une collection de paroissiens
parmi les paroissiens, du genre de ceux qu’on ne voit qu’une fois par an au fameux rassemblement de paroissiens itinérants, le Pèlerinage de Chartres. Il y a le vieux barbu tout de blanc vêtu, qui délaissant les bancs pourtant confortables, préfère s’agenouiller au fond, en plein milieu du passage. Il y a la vielle dame, avec ses cinq livres de messe dans un sac plastique. Il y a les vieux messieurs, habillés en costume traditionnel. Il y a évidemment la jeune fille timide que l’on connait tous. Il y a surtout son alter égo masculin, l’homme de 30 ans, tout de gris vêtu (sauf les chaussettes blanches et les chaussures noires, bien visibles sous son pantalon trop court, et sa chemise blanche sur laquelle pas un seul bouton ne reste ouvert).
Et puis, comment parler d’une paroisse sans parler de sa chorale ? Surtout que cette chorale-là vaut le détour ! Imaginez donc un organiste qui, s’il n’a pas trop de problèmes pour trouver les notes, n’a qu’une très vague idée de la signification du mot « tempo »… Ajoutez trois hommes sur une mezzanine au fond de la chapelle qui manifestement ne savent pas lire les notes. Ensuite complétez par des fidèles qui semble-t-il ont comme but de faire durer les chants aussi longtemps que possible, tout en chantant aussi faux (et souvent aussi fort) que possible, et vous avez un ensemble à la cheville de laquelle la chorale légendaire des Fournils n’arrive certainement pas…
Tout cela est acceptable, me direz-vous. Oui, mais il y a encore une petite chose. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque après la fin de la messe, je vis Monsieur l’Abbé revenir à la chaire pour prêcher un deuxième sermon? Ce qui fut dit le fut en Allemand, langue à laquelle je ne comprenais pas grand chose à l’époque, mais je pus saisir tout de même quelques mots, parmi lesquelles « Évêque », « Rome », « Crise » etc. Un topo sur la crise de l’Église donc. C’est une vraie Paroisse, ça!