août
31
2009
2

Jeûne et abstinence…

prièreIl ne se passe pas un jour sans que l’on nous rabâche les yeux et les oreilles du Ramadan qui débute tout juste.
Certains responsables marketing auraient laissé entendre que la couverture médiatique donnée à ce temps de purification (sic) serait au moins équivalente à celle des fêtes chrétiennes à travers l’année. A titre d’exemple, l’éclipse quasi totale de l’Assomption du cirque médiatique.

Abdelwahab Meddeb (responsable d’émission sur l’Islam pour France Culture) déclarait récemment :  » Le jeûne (musulman) n’appartient plus à l’exercice spirituel, à la discipline au sens fort du terme, ce qui mérite le respect. [....] aujourd’hui, le jeûne est essentiellement un phénomène social. Que les gens jeûnent ou pas ne regarde qu’eux. Mais si c’est un jeûne coercitif, violent, et que celui qui jeûne méprise celui qui dé-jeune, voire exerce sur lui une forme de police des mœurs, il faut dire stop. En Égypte, où je me trouve, je constate que le jeûne est quelque chose de construit. Ce qui compte n’est pas que l’individu fasse sa propre expérience du jeûne. Le jeûne sert à restaurer le pacte communautaire ».
Il prend l’exemple de l’Égypte, mais en filigrane sa pensée s’attache aussi aux Banlieues européennes, où la contrainte sociale est très forte et où, hélas, elle se confond avec la contrainte religieuse.

Meddeb insistera un peu après sur la dimension collective de l’islam, qui n’est pas, comme le christianisme, une religion personnaliste.  C’est la soumission à la Communauté, qui, dans son unanimité présumée représente Allah lui-même. C’est pourquoi, lorsqu’on observe pas une règle, ce qui compte, dit le hâdith cité par Meddeb, c’est que la communauté ne s’en aperçoive pas.  Peu importe de mentir sur l’islam (ou de garder le silence sur tel ou tel aspect gênant) si c’est pour le service de la communauté. La recomposition intégriste que l’on observe dans nos banlieues obéit aux principes de cet unanimisme religieux.

Chacun croit bon en ce moment d’y aller de son ptit encouragement : « Et bon Ramadan! » Et pourtant, il me semble que ce souhait, valable de personne à personne, ne vaut pas collectivement pour l’islam. Autant ce salut religieux collectif ne me choquerait pas adressé aux juifs, parce que nous sommes de la même matrice, autant un salut religieux collectif aux musulman est théologiquement plus difficile à admettre, parce que les matrices sont différentes et que la matrice islamique se sent partout vocation à se substituer à la matrice biblique dont vivent ceux que le Coran appelle solidairement et souvent dans le même mépris (voir sourate 9) « les gens du Livre ». (d’après metablog)

Bref… J’en viens au vif du sujet. Le sieur Kikijoli attaque son Carême, ou son Ramadan (pour être dans le vent), puisqu’aujourd’hui (Lundi 31 août nous sommes à J-39). C’est la dernière étape, le dernier col.
Les hautes instances accordent une immense confiance à ce jeune homme. La préparation psychologique a été excellente et les derniers réglages du we devraient grandement l’aider à tenir le coup.
Souhaitons lui bon courage, bonne chance et belle assiette dans cette dernière ligne droite. Qu’il ne flanche pas, la tête haute, le regard fier et la cotte solidaire, afin que le 10 Octobre il trouve en sa frisée la femme forte des livres sacrés:

« Qui trouvera une femme vaillante ?
Son prix l’emporte de loin sur les perles.
En elle se confie le cœur de son mari, et les profits ne lui manqueront pas .
Elle se procure de la laine et du lin, et travaille de ses mains allègres.
Elle se lève qu’il fait encore nuit, elle donne la nourriture à sa maisonnée et leur tâche à ses servantes.
Elle voit un champ, elle l’achète, du fruit de ses mains elle plante une vigne.
Elle sangle ses reins fortement et affermit ses bras pour le travail.
Elle sent que ses affaires prospèrent, sa lampe ne s’éteint pas la nuit
pour repriser les chaussettes.
Elle met les mains à la quenouille et ses doigts saisissent le fuseau.
Elle tend main au pauvre et ouvre ses bras à l’indigent.
Elle ne craint pas la neige , car toute sa maisonnée a double vêtement.
Elle tisse des couvertures de lin fin, et son vêtement est de pourpre.
Son mari est considéré aux Portes de la ville, quand il siège avec les anciens du pays en buvant de la cervoise fraîche.
Elle fait du linge fin et le vend, elle livre des ceintures au marchand.
Force et splendeur la revêtent, et elle se rit du jour à venir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, et un enseignement fidèle est sur sa langue.
Elle surveille la marche de sa maisonnée, et elle ne mange pas le pain de l’oisiveté.
Ses fils se lèvent et la proclament heureuse, son mari fait aussi son éloge :
« Bien des filles se sont montrées vaillantes, mais toi, tu les surpasses toutes ! »

Trompeuse la grâce et vaine la beauté !
La femme qui craint le Seigneur, c’est elle qui sera louée.


*
*   *

NB: Il paraitrait qu’une version moderne du texte serait à l’étude. Le père Barouin songerait à rajouter le verset suivant:

«Elle voit un bil-bok’OK, elle le défonce. Grave»

bilb'ok

Written by Joninho in: Actualités, Débat | Mots-clefs :, ,

TheBuckmaker WordPress Themes Webhosting Comparison, fli4l